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ENLUMINE

Rémi GARBISON a revisité les usines en friche d’Hughes TOOL pour leur redonner vie Cet édifice remarquable par sa dimension (7500 M2) rebaptisé « cathédrale » est situé sur la parcelle nord du quartier de l’arsenal. Les marques du passé narguent le présent, traces d’histoires d’hommes, de vie…
L’esprit se met à vagabonder parmi les ombres …
Les signes du temps se sont arrêtés sur la pendule de l’indifférence.
Que l'esprit puisse se voir en miroir.
Les vitres cassées comme des vies brisées,en miroirs, laissées dans l’oubli, renaissent à travers le filtre du sens .
La mémoire surgit à la frange des cils, sur le fil de l’abandon, noyée dans les larmes de vie.
Les traces se mêlent, se déracinent, sublimant le réel.
Les images à plusieurs facettes, tel un kaléidoscope, surprennent l’œil, le déroutant pour l’amener vers un ailleurs.

Photo Remi Garbizon Tournesol

Elles interrogent la photographie dans son rapport à l’objectivité et aux nouvelles technologies. Avec conviction, il participe à la création d’un nouveau langage où la virtualité se superpose à la réalité. Un équilibre complexe dans lequel il introduit son esthétique personnelle.

Reste à parcourir cet univers. Spectaculaire mais aussi très intérieur, il raconte à sa manière les maux et les excès de notre temps.

Photo Remi Garbizon Tournesol

Le monde ne cesse d'accélérer, pourtant notre perception des choses répond à des modèles ancestraux et n'échappe pas à l'irrationalité. C'est cette dimension émotionnelle qui intéresse Rémi garbison. Son travail se situe donc sur le terrain de la subjectivité. Comment exprimer des choses aussi simples que l'amour, l'errance, le désespoir autrement que par des mots ? Horyzon, Bluesy, Paysages Intérieurs, chaque série se veut un début de réponse.

Photo Remi Garbizon Tournesol

A travers cette architecture vide, minimale, abandonnée, blessée, tout fait sens. L’on retrouve, au-delà du réel brut, toute une symbolique, où le matériel laissé, départit de sa fonction première, devient à travers le prisme d’une réalité décalée, filet à rêves amérindien ; où la végétation qui n’en a peut-être plus que le nom, se mue en forêt dense et fertile, dans un jeu de lumière et de reflets fugaces.

Photo Remi Garbizon Tournesol

D’ailleurs, ce verre, celui des romans fantastiques ou des contes intemporels, cette vitre où il suffit que l’on se mirât pour passer de l’autre côté, dans cet autre monde presque semblable, en apparence, mais chargé, au ses ésotérique du terme, d’une évidence autre : plus subtile, magique, qui confine au spirituel, comme s’il se fut agît de cette drôle de théorie scientifique, où il est question de mondes dans des mondes … Ceux que l'on nomme parallèles.

Photo Remi Garbizon Tournesol

Le verre se fait réceptacle du divin aussi, du sacré, en accueillant la couleur : vitrail de cathédrale… Et le sacré aussi, à travers le plafond crevé où s’engouffre le ciel, où la structure délaissée des hommes est rendue à nouveau à la nature qui l’attire en son sein et la dévorera comme elle le fait avec toute chose telle la Grande Mère Sacrée qu’elle incarne depuis toujours.

Photo Remi Garbizon Tournesol

Et encore, à quoi cela donne-t-il à penser, cette usine qui n’est plus, et parce qu’elle n’est plus, génère toute la beauté pure de la forme primordiale, rendue à elle-même. Départie de toute fonction, dans le silence assourdissant du labeur des hommes, révolu ; révolu mais tellement palpable dans son absence, comme un immense fantôme qui hurlerait sans bruit : « j’ai existé. Moi-aussi, j’ai été ».

Photo Remi Garbizon Tournesol

Regardez ces zones harmonieuses, presque rythmées comme la « musique de l’univers », d’ombres et de lumière. Nous somme happés par le principe absolu, animiste du symbole premier : la vie – la mort, le chaud – le froid, le clair – l’obscur, le yin – le yang.
Cette chose est une évidence. Elle eut sa fonction dans le monde des hommes, elle a sa place, désormais, dans le Grand Tout.

Photo Remi Garbizon Tournesol

VITRAGES

Temple de la lumière, par le foisonnement des vitrages, l’usine désaffectée se fait miroir de la fugacité de l’instant qui passe, instantané –dans le sens de la prise de vue- du temps qui évolue au fil des heures, dans le silence et la solitude du lieu abandonné.

Photo Remi Garbizon Tournesol
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